mardi 12 janvier 2010

Trek sur le Mékong

Nous avons une grosse journée de marche aujourd’hui.
Bizarrement, un des villageois nous accompagnera toute la journée, avec son fusil :


Je demande à Sato pourquoi, mais celui-ci reste très évasif : soit disant une aide en cas de pépin de santé d’un d’entre nous… Je n’en crois rien, et nous comprendrons que c’est plutôt un « gardien », une « sécurité » ou une « présence » en cas de rencontre avec des trafiquants d’opium ; car nous sommes en plein dans la région du trafic de pavot, ces gus du Kuomintang sont armés et dangereux, et ils n’aiment pas que des touristes viennent se balader sur leur territoire ; Notre éclaireur est notre sauf-conduit, du genre : « pas de problème les gars, ces farengues sont avec moi, et on ne fait que passer »…
Ah, je voulais de l’aventure, je suis servi…

La brume tarde à se lever sur la vallée du Mékong :


Les paysages sont absolument incroyables ; enfin, le Mékong apparait !


Au bout de 6 heures de marche dans la jungle, une bonne surprise nous attend : la forêt s’efface, et nous débouchons sur… une plage de sable blanc, au bord d’une anse du fleuve Mékong…



La surprise est de taille, Sato nous annonce même flegmatiquement que la baignade est sans danger ; l’eau est même à 25 degrés !
Je deviens hystérique… Je vais me baigner dans le Mékong…
Bouh, Bouh ! Un blâme pour le vilain guide du routard, qui annonçait sans détour possible qu’il était impossible de se baigner dans les rivières du Laos, trop dangereuses, trop froides, trop de courant…

Je me dois de réactualiser ma liste des cent choses à faire avant de mourir ; désormais, il y a celle-ci :
SE BAIGNER DANS LE FLEUVE MEKONG, SUR UNE PLAGE DE SABLE BLANC, AU MILIEU DE LA JUNGLE, AUX CONFINS DU LAOS, DE LA BIRMANIE, ET DE LA CHINE, LOIN DE TOUTE CIVILISATION…

La preuve :


A quelques mètres, le courant est très fort, mais nous sommes protégés par une petite baie.
Un peu plus loin, il y a même quelques laotiennes qui… cherchent de l’or !
Ce n’est pas une blague, elles récoltent jour après jour, milligrammes par milligrammes, des paillettes d’or avec lesquelles elles feront des bijoux (un travail de fourmi harassant, pour quelques kips)…



La 2ème nuit sera dans un village Thaï Lu, une autre tribu du Laos…
Le village est plus développé, et les conditions de séjour seront moins rudes…
Nous avons quand même droit à une petite cérémonie porte-bonheur, avec attribution de bracelets traditionnels qui repoussent le mauvais sort :



Le dernier jour est plus tranquille : une petite marche, et puis c’est un transfert en bateau local sur le Mékong, afin de rejoindre un village d’où nous pourrons reprendre le 4x4 pour rentrer à Muang Sing.



Le Mékong, c’est quand même joli :



Attention, des rapides ! Le capitaine préfère nous descendre pour passer lui-même avec le bateau sans prendre de risque pour les passagers ; nous marchons donc 200 m sur la berge ouest du fleuve, c'est-à-dire… en Birmanie ! Eh, oui, j’aurai fait quelques pas en Birmanie, et sans visa en plus…



Dernière halte dans notre trek, un village Thaï Lu en pleine fête ; des Akha en tenue traditionnelle, des chinois, des laotiens, des Thaï Lu …
Encore une fois, nous sommes les seuls occidentaux…



Des tripots en pleine rue ; on mise en Kips et en Yen ; la frontière chinoise est très proche, et bien qu’elle soit fermée pour les occidentaux, elle ne l’est ni pour les chinois, ni pour les laotiens ; on vient s’encanailler au Laos…



Nous reprendrons un pick-up pour 3 heures de retour vers Muang Sing…
Le trek se termine, mais nous sommes encore tous ébahis par ces 3 jours mémorables…

Merci à tous les gens rencontrés pour leur gentillesse et leur accueil ; merci à Sato pour son professionnalisme et sa disponibilité ; merci à Eco-trek pour sa parfaite organisation ; merci à mes 4 camarades « de jeu » pour ces merveilleux moments passés ensemble…

L’arbre quittera le nord du Laos à regret ; mais il doit bien continuer son périple…

1 commentaire:

  1. Quand je pense qu'il se pourrait que je meure avant de m'être baigné DANS LE FLEUVE MEKONG, SUR UNE PLAGE DE SABLE BLANC, AU MILIEU DE LA JUNGLE, AUX CONFINS DU LAOS, DE LA BIRMANIE, ET DE LA CHINE, LOIN DE TOUTE CIVILISATION…
    C'est terrible !

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