mercredi 23 décembre 2009

La route aux 1864 virages

Jeudi 17 décembre 2009 : je quitte Chiang Mai par bus, direction Mae Hong Son…

Finies les vacances, fini le Reggae Bar, finies les soirées Box Thaïe… Finis les buveurs de bière teutons ou belges… Place à l’aventure, la vraie…
« L’aventure, c’est l’aventure… » comme chantait l’autre…
L’arbre part dans l’inconnu ; désormais, il voyage en bus local, il évite les coins à touristes, il crapahute, et il rencontre la population locale.

6 heures de bus à travers la région montagneuse du nord ouest de la province de Chiang Mai, le long de la frontière avec le Myanmar (ex-Birmanie), sur la célèbre route aux 1864 virages :


250 kms de routes sinueuses, de paysages magnifiques : collines recouvertes d’une épaisse végétation, vallées torturées et érodées…
Je vais passer 4 jours dans le coin, entre Mae Hong Son et Soppong : c’est plus sauvage, beaucoup moins d’infrastructures pour touristes, la communication avec les locaux qui ne parlent pas souvent anglais devient un chemin de croix ; à Soppong, je fais 2 jours de randonnée où je me débrouille comme je peux : les cartes ne sont pas précises (les sentiers ne sont pas répertoriés !), aussi je décide d’aller de village en village ; je parle avec les mains, je me perds parfois, je marche beaucoup, mais la récompense est au bout : en 2 jours, pas un seul occidental rencontré, des villages ethniques authentiques, des paysages sublimes ; même s'il y eu quelques frayeurs, comme la fois où je me retrouve après 2 heures de marche du dernier village dans une jungle épaisse, et mon petit sentier qui se termine dans une clairière en cul de sac… Que faire : rebrousser chemin, mais sans être sûr de retrouver le bon ? Ou essayer de progresser dans la direction qui semble être celle du prochain village, mais en marchant au milieu d’une inextricable végétation ?

Quelques photos de ces 4 jours inoubliables :
Tout d’abord Mae Hong Son, gros bourg entouré de montagnes avec son petit lac charmant :



Le même front de lac de nuit

Les temples dans la région sont influencés par l’architecture Birmane, c’est normal, on est a moins de 20 kms de la frontière avec le Myanmar !


Qui a dit que le bouddhisme était la religion de la tolérance ? Voilà ce que l’on peut voir souvent dans certaines parties des temples :

Mae Hong Son ressemble à une petite station balnéaire, sauf qu’il n’y a quasiment aucun touriste occidental !
En revanche, ça grouille de touristes thaïs (une certaine bourgeoisie thaïe), qui viennent s’encanailler dans cette région…
Ma période « moines » :


Celle là, je l’aime beaucoup ; prise à l’arrière du bus pourri qui me ramenait à Soppong ; bouddha himself, assis sur la roue de secours :

Et puis il y a ma petite joueuse de Khim, cet instrument asiatique aux sonorités magiques :


J’arrive à Soppong, ce village autour duquel je pourrai rayonner à la journée ; Soppong, c’est une rue principale, pas de trottoir, pas de bitume, pas d’immeuble :


Je trouve une petite chambre dans une maison traditionnelle, chez l’habitant.

Il y a des grottes à quelques kilomètres, traversées par une rivière souterraine, que l’on peut visiter en radeau de bambou :



Ma découverte de villages ethniques, dont celui-ci, un village Lizu (encore une ethnie sino-tibétaine venue de Chine il y a une soixantaine d’année) que je découvre par hasard après 3 heures de marche :




Quelques Lizu :




Non, ceci n’est pas une banane, mais ma nouvelle arme secrète contre la fringale en trekking : le bamboo-rice ; du riz cuit et parfumé enfermé dans un bambou ; cela se conserve des jours voir des semaines, et quand on a faim, il suffit de l’éplucher comme une banane… Bien pratique !


L’extrait musical :
En hommage à la petite joueuse de Khim, voici le musicien américain Lloyd Miller, jazzman et spécialiste de musique orientale, et qui marie un morceau de musique traditionnelle persane, au meilleur du jazz « new thing » des années soixante ; l’instrument est un santûr iranien, mais c’est la même chose que le khim thaï ou que le yangqin chinois : j’adore sa sonorité (et puis l’Iran, c’est aussi l’Asie !).

Attention, il faut écouter absolument ce morceau, « Gol-E-Gandom » de Lloyd Miller, qui est un pur chef-d’œuvre de la musique, tous genres et époques confondus !!!! (après, j’espère qu’en entendant du santûr, vous ne le considérerez plus que comme un simple instrument exotique) :


Joyeux Noël à tous…

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